La chute
J'aime bien pousser des coups de gueule de temps en temps... sur tout, sur rien. Y a tellement de choses dans ce monde qui ne vont pas que je ne sais même pas par où commencer...
Moi ce qui me choque le plus, c'est l'indifférence et l'intolérance des gens face aux autres. Nous vivons dans une société ou c'est chacun pour soi et je trouve que c'est terrible. Le malheur des autres n'intéresse personne, même pas nos plus proches amis. J'ai pu m'en rendre compte encore dernièrement. En début d'année, j'ai craqué psychologiquement et physiquement. Après avoir téléphoné à tous les psychiatres de Genève sans succès (plus aucune place de libre), j'ai dû demander à un numéro spécifique où l'on m'a redirigé sur seulement 3 médecins psychiatres disponibles. Je n'en revenais pas mais en même temps ça m'a soulagé de voir que j'étais pas la seule qui pétait un câble.
.
J'ai vu le psy qui m'a dit que j'étais en dépression. Et merde! moi je ne veux pas être en dépression, j'ai pas le temps ! Surtout qu'une de mes soeurs avait déjà passé par là et que j'étais pas très porté sur le fait de devoir prendre des antidépresseurs et tranquilisants à gogo... Mais j'ai pas eu le choix, et d'ailleurs j'ai pris 3 antidépresseurs avant de trouver celui qui me convenais le mieux. Car c'est bien le problème, chaque individu étant différent, le temps de trouver la bonne molécule peut prendre du temps.
Mon état s'est agravé cet été, j'avais de plus en plus d'idées noires et suicidaires, mais à part ma famille, j'avais l'impression que personne d'autre ne me comprenait. C'était difficile à accepter pour moi, j'avais l'impression d'être faible et j'ai toujours détesté les gens faibles, qui se laissent abattre au moindre petit truc qu'il leur arrive. L'image que j'ai toujours montré à l'extérieur était celle de la fille battante et forte et les gens ont eu du mal de me croire au début quand je leur disais que j'étais malade. La réaction était souvent la même :"Toi en dépression? c'est pas possible, toi qui est toujours bien, à mener les autres, une battante quoi!"... alors pour moi c'était d'autant plus dur à accepter ce qui m'arrivais, puisque c'est comme si je n'avais pas le droit d'être malade. A la limite, j'ai même eu l'impression que certains pensaient que je faisais du cinéma. Je l'ai très mal vécu, ça a été très dur, j'en revenais pas que les gens soient si méchant et si peu compréhensifs.
En juin 2004, j'ai demandé à mon psy de me faire entrer à l'hôpital car je sentais que je pouvais faire une connerie. Je me voyais me jeter sous le train, par la fenêtre et même me pendre. Moi je ne voulais pas mourir mais j'avais l'impression qu'une force me poussait à avoir ces pensées noires, et que je ne contrôlais plus rien du tout. Ma mère est infirmière et cela m'a beaucoup aidé dans les moments difficiles, elle trouvait souvent les bons mots pour me rassurer. C'est aussi elle qui m'a dit de décider si je pensais que c'était une bonne idée d'aller dans un hôpital psychiatrique, que peut-être là-bas je trouverais d'où vient ce mal-être que je traînais depuis 2 ans, si pas plus.
Je pense que cela a été une des expérience les pires de ma vie. Dans le pavillon où j'étais, nous étions mélangés malades psychiques (dépression) et malades mentaux (schizophrénie) et cela, même pour dormir. Je suis ressortie de là au bout de 2 semaines plus angoissée qu'avant d'y entrer. Ce qui m'a fait partir est que justement, durant une nuit ils nous ont amené une schizophrène alors que nous étions déjà 2 dans la chambre (ma compagne de chambre était une maniaco-dépressive), et j'ai pété un câble. Elle est arrivée à 3h du matin et à commencer à fumer dans la chambre alors que c'est interdit et ensuite elle s'est mis à psalmodier un truc du style :"Arrière à toi Satan", au moins 10 fois de suite.... là, je me suis dit que j'avais rien à faire là et qu'il fallait que je me tire le plus vite possible. Après le déjeuner ce matin-là, j'ai fait mon sac et l'après-midi je partais.... Par la suite, j'ai été un mois dans un centre de thérapie brève où j'ai appris énormément de chose sur moi et sur mon comportement. Cet endroit m'a sauvé la vie, et plus particulièrement l'équipe de soignants que j'ai rencontré là. Le psychiatre qui m'a suivi pendant un mois là-bas m'a ouvert les yeux sur tellement de choses, que je ne sais pas si je pourrai le remercier assez pour tout ce qu'il a fait pour moi... Je crois que dans la vie, il y a certaines rencontres qui doivent se faire, que les gens que nous rencontrons, ce n'est pas un hasard, cela devait se passer comme ça. Cela ne peut pas être autrement. Avec le recul, cela m'est apparu comme une évidence.
Maintenant, quelques 10 mois après avoir vécu le pire, je me sens mieux même si je sais que je ne suis pas guérit pour autant. Je suis toujours sous antidépresseurs, mais cela n'est pas grave, car je sais que cela m'aide beaucoup, ainsi que la thérapie comportementale que je suis actuellement. Je sens que je change et c'est un peu effrayant mais comme le changement est plutôt positif, je devrais m'y faire et le gérer.
Dans toute cette histoire, je n'ai plus qu'une chose à dire. Je ne remercierai jamais assez mes parents pour ce qu'ils ont fait pour moi durant cette période très difficile de ma vie. On dit qu'on ne choisit pas ses parents mais moi je n'aimerais échanger les miens pour rien au monde. Eux aussi ont tant fait que de mon vivant, je n'aurai pas assez de mots et de temps pour leur dire merci. J'ai besoin d'une autre vie pour cela.
Avec une maladie comme la dépression, si nous ne sommes pas bien entourés, que ça soit par la famille ou par les médecins, on a plus de mal de s'en sortir, voir pas du tout. Avant de vivre cette maladie, je pensais savoir ce que l'on ressentais, mais j'avais tout faux. Il faut le vivre pour comprendre. On peut s'imaginer, mais la réalité est bien pire. Pire que ce qu'on peut imaginer encore. C'est pour ça que je réagis très mal maintenant quand on me dit :"oui, je sais que ça doit être terrible" alors que la personne n'y connaît rien du tout. On est tellement ignorant parfois!
Depuis, j'ai fait de l'ordre dans mes soi-disant amis, car j'ai été très déçue avec tout ça. Mais c'est une bonne chose, car maintenant je sais à quoi m'en tenir. C'est une bonne chose, je ne regrette pas... Tout comme j'ai été étonnée de voir venir vers moi des gens dont je n'aurais pas imaginée qu'ils puissent s'en faire pour moi... comme quoi, la vie est remplie de surprise !
Moi ce qui me choque le plus, c'est l'indifférence et l'intolérance des gens face aux autres. Nous vivons dans une société ou c'est chacun pour soi et je trouve que c'est terrible. Le malheur des autres n'intéresse personne, même pas nos plus proches amis. J'ai pu m'en rendre compte encore dernièrement. En début d'année, j'ai craqué psychologiquement et physiquement. Après avoir téléphoné à tous les psychiatres de Genève sans succès (plus aucune place de libre), j'ai dû demander à un numéro spécifique où l'on m'a redirigé sur seulement 3 médecins psychiatres disponibles. Je n'en revenais pas mais en même temps ça m'a soulagé de voir que j'étais pas la seule qui pétait un câble.
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J'ai vu le psy qui m'a dit que j'étais en dépression. Et merde! moi je ne veux pas être en dépression, j'ai pas le temps ! Surtout qu'une de mes soeurs avait déjà passé par là et que j'étais pas très porté sur le fait de devoir prendre des antidépresseurs et tranquilisants à gogo... Mais j'ai pas eu le choix, et d'ailleurs j'ai pris 3 antidépresseurs avant de trouver celui qui me convenais le mieux. Car c'est bien le problème, chaque individu étant différent, le temps de trouver la bonne molécule peut prendre du temps.
Mon état s'est agravé cet été, j'avais de plus en plus d'idées noires et suicidaires, mais à part ma famille, j'avais l'impression que personne d'autre ne me comprenait. C'était difficile à accepter pour moi, j'avais l'impression d'être faible et j'ai toujours détesté les gens faibles, qui se laissent abattre au moindre petit truc qu'il leur arrive. L'image que j'ai toujours montré à l'extérieur était celle de la fille battante et forte et les gens ont eu du mal de me croire au début quand je leur disais que j'étais malade. La réaction était souvent la même :"Toi en dépression? c'est pas possible, toi qui est toujours bien, à mener les autres, une battante quoi!"... alors pour moi c'était d'autant plus dur à accepter ce qui m'arrivais, puisque c'est comme si je n'avais pas le droit d'être malade. A la limite, j'ai même eu l'impression que certains pensaient que je faisais du cinéma. Je l'ai très mal vécu, ça a été très dur, j'en revenais pas que les gens soient si méchant et si peu compréhensifs.
En juin 2004, j'ai demandé à mon psy de me faire entrer à l'hôpital car je sentais que je pouvais faire une connerie. Je me voyais me jeter sous le train, par la fenêtre et même me pendre. Moi je ne voulais pas mourir mais j'avais l'impression qu'une force me poussait à avoir ces pensées noires, et que je ne contrôlais plus rien du tout. Ma mère est infirmière et cela m'a beaucoup aidé dans les moments difficiles, elle trouvait souvent les bons mots pour me rassurer. C'est aussi elle qui m'a dit de décider si je pensais que c'était une bonne idée d'aller dans un hôpital psychiatrique, que peut-être là-bas je trouverais d'où vient ce mal-être que je traînais depuis 2 ans, si pas plus.
Je pense que cela a été une des expérience les pires de ma vie. Dans le pavillon où j'étais, nous étions mélangés malades psychiques (dépression) et malades mentaux (schizophrénie) et cela, même pour dormir. Je suis ressortie de là au bout de 2 semaines plus angoissée qu'avant d'y entrer. Ce qui m'a fait partir est que justement, durant une nuit ils nous ont amené une schizophrène alors que nous étions déjà 2 dans la chambre (ma compagne de chambre était une maniaco-dépressive), et j'ai pété un câble. Elle est arrivée à 3h du matin et à commencer à fumer dans la chambre alors que c'est interdit et ensuite elle s'est mis à psalmodier un truc du style :"Arrière à toi Satan", au moins 10 fois de suite.... là, je me suis dit que j'avais rien à faire là et qu'il fallait que je me tire le plus vite possible. Après le déjeuner ce matin-là, j'ai fait mon sac et l'après-midi je partais.... Par la suite, j'ai été un mois dans un centre de thérapie brève où j'ai appris énormément de chose sur moi et sur mon comportement. Cet endroit m'a sauvé la vie, et plus particulièrement l'équipe de soignants que j'ai rencontré là. Le psychiatre qui m'a suivi pendant un mois là-bas m'a ouvert les yeux sur tellement de choses, que je ne sais pas si je pourrai le remercier assez pour tout ce qu'il a fait pour moi... Je crois que dans la vie, il y a certaines rencontres qui doivent se faire, que les gens que nous rencontrons, ce n'est pas un hasard, cela devait se passer comme ça. Cela ne peut pas être autrement. Avec le recul, cela m'est apparu comme une évidence.
Maintenant, quelques 10 mois après avoir vécu le pire, je me sens mieux même si je sais que je ne suis pas guérit pour autant. Je suis toujours sous antidépresseurs, mais cela n'est pas grave, car je sais que cela m'aide beaucoup, ainsi que la thérapie comportementale que je suis actuellement. Je sens que je change et c'est un peu effrayant mais comme le changement est plutôt positif, je devrais m'y faire et le gérer.
Dans toute cette histoire, je n'ai plus qu'une chose à dire. Je ne remercierai jamais assez mes parents pour ce qu'ils ont fait pour moi durant cette période très difficile de ma vie. On dit qu'on ne choisit pas ses parents mais moi je n'aimerais échanger les miens pour rien au monde. Eux aussi ont tant fait que de mon vivant, je n'aurai pas assez de mots et de temps pour leur dire merci. J'ai besoin d'une autre vie pour cela.
Avec une maladie comme la dépression, si nous ne sommes pas bien entourés, que ça soit par la famille ou par les médecins, on a plus de mal de s'en sortir, voir pas du tout. Avant de vivre cette maladie, je pensais savoir ce que l'on ressentais, mais j'avais tout faux. Il faut le vivre pour comprendre. On peut s'imaginer, mais la réalité est bien pire. Pire que ce qu'on peut imaginer encore. C'est pour ça que je réagis très mal maintenant quand on me dit :"oui, je sais que ça doit être terrible" alors que la personne n'y connaît rien du tout. On est tellement ignorant parfois!
Depuis, j'ai fait de l'ordre dans mes soi-disant amis, car j'ai été très déçue avec tout ça. Mais c'est une bonne chose, car maintenant je sais à quoi m'en tenir. C'est une bonne chose, je ne regrette pas... Tout comme j'ai été étonnée de voir venir vers moi des gens dont je n'aurais pas imaginée qu'ils puissent s'en faire pour moi... comme quoi, la vie est remplie de surprise !
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