La lente descente aux enfers de K. Underwood

Publié le par Dana

Bon, en général je n'utilise pas ce blog comme journal intime ou quelque chose du style... je sais que beaucoup de bloggers font cela, mais à part certaines choses que j'ai expliqué tout au début de ce blog, les 2 premiers articles si je me souviens bien, c'est plutôt des article que j'ai ajouté, des photos, des choses qui me tiennent à coeur, comme ma famille ou mes amis.

Dernièrement, je n'ai pas trop posté, rien de spécial ne s'est passé dans ma vie qui justifie d'ajouter tout et n'importe quoi pour le simple de remplir un blog. Je préfère attendre d'avoir quelque chose d'intéressant à dire ou des photos qui le sont pour moi, que de mettre n'importe quoi.

Hier au soir, j'ai terminé la lecture d'un blog un peu spécial. Ceux qui me connaissent la moindre savent que je peux avoir des lectures un peu "spéciales"... pendant un temps, j'ai dû dévoré énormément de livres avec pour sujet les serial killer. J'ai commencé très tôt à lire ce genre de livres, vers les 17, 18 ans. C'est ce que j'appelle maintenant ma période "noire", qui s'est terminé y a 2 ans à peu près. Je suis quelqu'un de très torturé à l'intérieur. Je veux dire par là, que je me torture l'esprit toute seule pour tout et pour rien. Je psychote beaucoup aussi. Je peux me faire des films sur ce qu'on m'a dit 10 jours auparavant et tant que j'ai mis les choses au clair avec la personne en question, je suis dans un état incroyable. J'analyse tout, sous toutes les coutures, je ne peux pas me contenter de la première idée ou impression, il faut toujours que je décortique tout. Inutile de dire donc que le mot "superficiel" ne fait pas partie de mon vocabulaire, et surtout que je ne peux pas m'identifier à ce mot là. Si par hasard, on me voit comme telle, j'en serais la première étonnée, et certainement déçue, car si il y a bien une chose à laquelle je ne veux pas ressembler, c'est à ce genre de créature, sans pensée, sans jugement, facilement oubliable...

Tout ça pour en revenir à ce fameux blog que j'ai terminé cette nuit... je lis régulièrement les nouvelles sur www.au-troisième-oeil.com, le site de Stéphane Bourgouin, qui a écrit pas mal de bouquins sur les serial killer justement. Je ne lis plus de livres sur ce sujet, mais je lis une fois par semaine les nouvelles criminologiques sur son site. Un reste de mon côté sombre je pense... je ne l'explique pas autrement. Et vers la mi-avril, je lis une nouvelle très bizarre, très triste, le genre de choses dont on se demande comment cela puisse exister, si l'être humain est vraiment aussi dérangé que cela. Pour résumer l'article, un jeune homme de 26 ans, Kevin Underwood, vivant à Purcell, Oklahoma, Etats-Unis, a été arrêté après que la police ait retrouvé chez lui le corps d'une petite fille, Jamie Rose, dans un de ses placards, dans un bassin en plastique, morte depuis 2 jours. Elle a été battue avec une batte de baseball et violée. Quand les policiers sont venus l'arrêter, Kevin Underwood leur a avoué qu'il pensait la découper et la manger. Oui, tout comme vous, j'ai été horrifié par la lecture de l'article.

Et voilà, comme je ne peux pas me contenter de ce genre de choses, l'adresse de son blog a été donné sur le site de Bourgouin. Je n'ai pas pu résister, et je suis allée y faire un tour. Underwood avait commencé en septembre 2002 et son dernier post date d'un jour APRES la disparition de Jamie Rose.
J'ai pratiquement lu tout le blog, ce qui m'a pris presque 2 semaines pour en arriver à bout. La psychologie du personnage est vraiment très intéressante. Au fil des mois, on voit la dégradation de son état mental, je dirais même qu'il avait déjà un sérieux potentiel de désordre mental. Et comme personne ne l'a pris au sérieux quand il a exprimé pour la première fois ses ressentis, ses malaises profonds, son anxiété permanente au milieu de gens (phobie sociale), ses états de déprimes voir dépression chroniques, tout cela n'a fait qu'empirer, pour se terminer comme nous le savons.
En ce qui me concerne,  je pense qu'il s'est vraiment fait violence jusqu'au dernier moment, mais la pulsion a été finalement été trop forte. Il n'a pas été bien suivi, même si pendant un temps il a pris des antidépresseurs pour sa phobie sociale, il n'était pas régulier dans sa prise de médicaments. Dommage, une surveillance un peu plus soutenue aurait peut-être pu éviter le pire... mais je sais qu'avec des si et des la, on peut écrire une chanson.
L'assassin était une personne calme, voir ennuyeux selon ses collègues du restaurant où il a travaillé pendant presque 8 ans. Surtout la dernière année, il était moins ardu au travail, lui qui était considéré comme un bon employé.
Il se sentait très seul, rejeté. N'a eu qu'une seule petite amie et très peu de relations sexuelles. Le sexe a une place particulière dans sa vie aussi. Il en parle souvent dans son blog. Pas seulement du fait qu'il visionne des films porno, mais ses posts regorgent d'allusions sexuelles diverses, ici et là.

Il dit lui-même qu'il n'aime pas les gens, que la plupart sont de "fucking idiots"... il ne se trouve pas mieux qu'eux, au contraire, mais ne se sent pas à sa place parmi eux. Il lit énormément, 1 voir 2 livres par semaine. Il a un bon vocabulaire, il a même un très bon niveau scolaire, même s'il a du le laisser tomber en raison de sa phobie, qui a commencé à ce moment-là. Il est très intelligent.

Il dit qu'une partie de morte le jour où en 1998 une amie à lui (dont il était amoureux mais qui sortait déjà avec quelqu'un) et son companion ont trouvé la mort, le lendemain de Thanksgiving, sur la route.
L'homme est décédé sur place, brûlé par les flammes de la voiture.
La fille, celle dont il était amoureux, s'est retrouvée à l'hôpital de nombreux jours. Il allait la voir quotidiennement, espérant qu'elle aille mieux. Mais en même temps, espérant qu'il puisse avoir une chance de sortir avec elle, dès qu'elle se rétablirait. Il se rendait compte qu'il était cruel de penser cela, qu'elle n'était pas même pas encore remise de la mort de son ami, que lui espérait déjà qu'elle puisse aimer quelqu'un d'autre. Tout comme il se rendait compte que ses visites auprès d'elle étaient tout sauf désintéressées. Effectivement, il se disait que peut-être elle le remercierait à sa manière par la suite... quand je vous disait qu'il est loin d'être bête ! Il savait que ce qu'il pensait et faisait état mal, mais c'était plus fort que lui, il ne contrôlait pas.
Il n'est jamais sorti avec la fille, qui a refait sa vie de son côté, sans lui. A l'heure il écrivait tout cela, il ne savait même pas ce qu'elle était devenue.

A partir de là, on peut dire que toutes ses angoisses ont augmenté irrémédiablement. Lentement mais sûrement.
La lente descente aux enfers vient de commencer pour lui. Avec ses pensées plus noires les unes que les autres, ses fantasmes plus violents encore. Il n'en parle pas. Tout ce qu'il en dit est que si quelqu'un savait ce qu'il a en tête, il se ferait certainement enfermé...

Il a de moins en moins de vie sociale, sort de moins en moins de chez lui. Au moment de son arrestation, cela un an et demi qu'il vit seule, qu'il a quitté le domicile familial.
Il dit lui-même que les 2 derniers mois, il attend le dernier moment pour sortir ses poubelles, attend que son frigo soit complètement vide pour aller à la première supérette du coin, pour ne pas devoir aller plus loin. Encore et toujours ses phobies sociales... qui sont devenues une vraie obsession et impossible à gérer pour lui.

Il avait déjà fait quelques petites allusions sur le cannibalisme sur son blog... ici ou là, insidieusement.
Jusqu'au jour où il allait vraiment passer à l'acte. Il a plannifié la mort d'un enfant, même s'il n'avait pas de victime précise en tête. Il a vu passer la petite Jamie Rose, 10 ans, devant chez lui et a trouvé un moyen de la faire entrer chez lui et de lui faire gagner sa confiance. Avant de la tuer, avec l'intention de la manger... comme dans ses fantasmes... ses fantasmes qu'ils décrivaient si horribles qu'on l'enfermerait si on savait à quoi il pensait...

Nous avons tous des fantasmes, pour la plupart sexuels. Mais pour la plupart d'entre nous, ils restent ce qu'ils sont : des fantasmes. Selon la définition du dictionnaire, le fantasme est une image hallucinatoire représentant des désirs plus ou moins refoulés.
Je dirais aussi que ce sont des "rêves" qui ne réaliseront jamais, ou justement qui ne devraient jamais se réaliser. Le mot "refoulé" est très bien choisi par contre. Je n'en trouve pas de meilleur à l'instant où j'écris ces lignes.

Certaines personnes donc, qui perdent le contact total de la réalité, réalisent leur fantasme, sans pouvoir penser aux conséquences. De toute manière, je pense qu'elles ne le peuvent pas, étant pathologiquement atteintes.
Quelqu'un de sain dans sa tête, qui se demande quel goût peut bien avoir l'être humain, ne va passer à l'acte pour autant, à moins de n'avoir que cette solution de survie (comme pour cette équipe de football de Montevideo qui s'écrase avec leur avion en 1972 au coeur des Andes, à 3500 m d'altitude, qui n'a pour d'autre choix pour survivre de manger les morts décédés lors du crash, voir leurs proches, car les secours n'arrivent pas, les pensant perdus à tout jamais. Histoire qui a été adapté à l'écran en 1993 et dont un des personnages principaux était Ethan Hawke).
Vu comme cela, cela peut nous dégoûter, mais je pense que nous serions étonnés de nos capacités d'adaptation à une telle situation si elle devait se produire.

Mais là, la question ne se pose pas. Tandis que Kevin Underwood a vraiment voulu manger quelqu'un, consciemment, et pour cela a tué. C'est pour cela qu'il devra être puni. Malgré sa pathologie, qui pourrait bien l'amener non pas à la peine de mort, mais à l'internement à vie.

Triste histoire, mais encore une fois, on peut en tirer une certaine morale.
Le fait de minimiser l'était psychologique de jeunes personnes peut se payer de cette manière là. Si on était un peu plus attentif à certains signes annonciateurs, on pourrait peut-être éviter le pire. Mais qui sait vraiment ?



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Publié dans The story goes on....

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